Quelques nouvelles d'Italie

Actualités - 16 oct. 2015

Quelques nouvelles d’Italie

Le marché italien de la cuisine est celui qui a le plus souffert de la crise de 2008. Mais il poursuit sa remontée depuis 2012, tout en subissant une pression sur les prix et les paniers moyens. La fin d’un mythe ?     

 

Les informations sur le marché italien de la cuisine équipée sont suffisamment rares pour qu’on ne prête pas attention à celles franchissant les Alpes jusqu’à nous. Non qu’elles aient forcément un impact  sur la filière sectorielle  en France ; mais les similitudes de ce marché voisin, son importance symbolique (il accueille le fameux Eurocucina fréquenté par des visiteurs du monde entier) comme économique (dans le top 5 européen) en font un modèle de réflexion, d’autant plus que sa santé conditionne les ambitions de nombreux fabricants italiens dans notre pays.     

 

Or, cet état de santé révèle un marché transalpin certes encore en convalescence, mais dont la forme s’améliore lentement mais sûrement. Chi va piano va sano : le secteur de la cuisine équipée continue ainsi à remonter la pente après avoir connu un étiage en 2012, séquelle de la crise de 2008, qui a touché l’Europe entière l’année suivante, et qui a causé les plus gros dégâts en Italie, réduisant d’un tiers le volume de production dans la Botte.

 

Le soleil n’est pas revenu au beau fixe dans la péninsule pour autant. Et si les indices restent au vert, l’évolution des prix rappellent que le drapeau italien

est aussi teinté de rouge. Plus prosaïquement, les paniers moyens subissent une érosion marquée qui accentue la pression concurrentielle tant sur le industriels que sur les cuisinistes, face à la grande distribution. Une tendance à laquelle sont aussi confrontés les acteurs spécialistes en France. Mais la proportion désormais la plus grande des cuisines de premiers prix (inférieurs à 2 500 euros, cf. graphique ci-contre) est un phénomène remarquable, dans un pays où les habitants ont toujours consacré un soin particulier à leurs espace et équipement dédiés à la convivialité domestique. Notre confrère Ambiante Cucina souligne d’ailleurs « la crise » que traverse le segment des cuisines proposées à plus de 10 000 euros. Si elles devaient durer, cette évolution alimenterait encore davantage le poids des leaders italiens, gros faiseurs de volumes (Lube, Veneta Cucine, Scavolini), mais fragiliserait les marques entretenant l’image (le mythe, dénoncent certains), d’une cuisine italienne ontologiquement raffinée, design et signe de distinction statutaire. Or, moins puissantes que leur concurrentes compatriotes, ces firmes sont déjà affectées par la crise… 

 

Autres similitudes, enfin, sur les deux versants des Alpes : la part croissante accordée par les consommateurs aux appareils encastrables, dont ne profitent pas – au contraire – les cuisinistes désarmés face à la concurrence plus virulente des sites de ventes sur Internet et de la grande distribution.

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