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De l’art cosmique en cuisine

Depuis l’avènement du Pop Art dans les années 1960/70, on savait que les objets du quotidien pouvaient faire l’objet d’œuvres d’art questionnant notre société de consommation. À la même époque, Martha Rossler a détourné la pièce cuisine pour une interpellation féministe séduisant les amateurs d’espace et de jolies formes. 

 

Martha Rosler est une artiste plasticienne et enseignante américaine née en 1943 et qui vit aujourd’hui à Brooklyn dans le bouillon de culture de New York. Associée aux mouvements d’art féministe et d’art conceptuel, elle crée des tableaux, des vidéos, des photomontages, des installations, des performances et écrit sur l’art et la culture.

Son travail est centré sur le quotidien et la sphère publique afin d’éclairer, selon ses mots, « les questions souterraines, comme la façon dont nous vivons nos vies, ou la manière qu’ont les États-Unis de gérer les affaires en notre nom. » 

 

La cuisine, en tant que pièce de vie et d’expression des modes de vie sociétaux et domestiques, a été l’une de ses sources d’inspiration essentielles. En témoigne sa vidéo pionnière Semiotics of the Kitchen en 1975 (où l’on peut deviner l’influence à la fois des Français Jean Baudrillard et Simone de Beauvoir), restée l’un de ses œuvres les plus connues. On doit aussi citer ses photo-montages Cosmic Kitchen, dont voici deux exemples réalisés en 1966 et 1972 et exposés jusqu’au 28 mars 2021 au Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice (Mamac). Commentaire des commissaires de l’exposition : « Les scènes prégnantes de la conquête spatiale génèrent des projections utopiques d’un avenir hors de la planète bleue. (...) Ses Cosmic Kitchen de la série “House Beautiful. The Colonies” rappellent avec humour et critique que le quotidien à venir dans la galaxie ressemblera certainement furieusement pour les femmes à celui qui leur est proposé sur Terre. »

 

Dans un genre tout à fait différent mais qui peut aussi inviter au rêve, sont aussi exposés deux tableaux de la série Kitchen I, or Hot Meat, composée à la même époque et qui « révèle des corps de mannequins nues juxtaposés dans des univers cliniques de contrôle, les environnements masculins ou des cuisines équipées dans lesquels les femmes sont objectivées. Seules, abandonnées ou encore transplantées, poitrine encastrée dans des gazinières, elles sont offertes au regard masculin en toute impunité. La femme au foyer a des airs de playmates et semble ravie de ce statut émancipé des codes de la bourgeoise. Pourtant, l’univers dans lequel elle gravite ne fait que rappeler son asservissement à la sphère domestique. La série est l’une des œuvres majeures d’une des grandes artistes du collage féministe et Pop Art. »

 

 J.A

NB : Nous avions déjà consacré en 2015 un article à l’une de ces œuvres de Martha Rossler, abordée sous un angle différent. A lire ou relire en cliquant sur le lien suivant Lorsque l’art et la femme subliment la cuisine.   

 



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