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Guerre économique USA-Chine : la cuisine touchée !

A ceux qui croient que le mobilier de cuisine est un secteur à l’abri des conflits entre grandes puissances, un démenti a été apporté début août par la Maison Blanche qui a décidé de taxer cette famille de produits - et ceux dédiés à la salle de bains - importés de Chine. Des effets en Europe sont-ils à prévoir ?  

 

Intervenant une semaine après l’annonce par Washington d’imposer de nouveaux tarifs douaniers sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises, cette décision, annoncée par l’AFP relayée notamment par Le Figaro le 9 août, était alors encore soumise à l’avis de la Commission internationale.

 

La veille, le département américain du Commerce avait annoncé l’imposition de droits compensateurs sur des milliards de dollars d’importations de placards de cuisine et d’armoires de salles de bains fabriqués en Chine. Motivée dans son action par une plainte de l’organisation professionnelle des fabricants américains d’armoires de cuisine (American Cabinet Kitchen Alliance), l’administration outre-Atlantique estime que les meubles conçus en Chine sont exportés à prix bradés vers les Etats-Unis et qu’ils bénéficient de subventions allant de 10,97% à 229,24% (!) de leur valeur.

 

De fait, le marché de ces importations aux États-Unis se monte à 4,4 milliards de dollars.

Lancée en mars, une enquête était cet été encore soumise à l’avis de la Commission internationale sur le commerce, une agence indépendante. La décision du 8 août a fait suite une semaine après l’annonce par Washington d’imposer de nouveaux tarifs douaniers sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises, à partir du 1er septembre.

 

L’Europe protégée… jusqu’à présent

Un montant qui a de quoi impressionner, mais aussi inquiéter. Car les Chinois pourraient être tentés de reporter leur intérêt vers l’Europe, plus peuplée encore mais moins protectionniste que les États-Unis, a fortiori sous l’administration Trump. Mais les faits ont aussi de quoi rassurer les fabricants du Vieux continent, dont les positions sont dominantes, sinon exclusives sur leur marché. Leur puissance et qualité de production les mettent en effet à l’abri d’une invasion venue de l’Empire du milieu ; sans parler des coûts de transport qui rendent la stratégie chaque année moins rentable, ni de l’image médiatique désormais peu reluisante des tankers dénoncés pour la pollution marine et atmosphérique qu’ils génèrent. D’ailleurs, les investisseurs chinois ont jusqu’à présent préféré racheter les industriels européens de la cuisine ou en prendre des participations capitalistiques. Sans grand succès, ni grands effets jusqu’à présent (cf. Villéger en 2013, comme le rappelle le lien à la fin de cet article). La donne pourrait toutefois changer si un ou deux gros fabricants européens passaient aux mains du pays le plus offensif en matière de développement économique en dehors de ses vastes frontières...   

 

J.A

A relire : Villéger : syndrome chinois ou syndrome français ?



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