Culture Cuisine
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Leur clientèle est naturellement exigeante et la progression « de façade » de la grande distribution permet de mieux apprécier les compétences des véritables spécialistes. Ainsi Donato Cuoio, gérant de Cuisines Déco à Melun (77) analyse-t-il l’évolution de son métier, facilité par 3 atouts majeurs générés par le groupement Agensia. 

 

Culture Cuisine : Comment êtes-vous devenu cuisiniste ?

Donato Cuoio : « J'étais au départ dessinateur industriel de formation, ce qui est peut-être le seul point commun avec le métier de cuisiniste pour lequel il faut également bien maîtriser la réalisation de plans précis. Pour le reste, je suis arrivé dans cette profession un peu par hasard, rejoignant à 21 ans l'enseigne Vogica en 1985, soit à ses débuts, lorsque le marché de la cuisine équipée commençait de connaître un boom très important et de s'organiser en enseignes structurées. J'ai gravi divers échelons lors de cette première expérience de trois ans, puis j’ai intégré l'enseigne Mobalpa et, en 1995, j'ai enfin créé ma propre entreprise de vente de cuisines. À vrai dire, je n'avais durant les deux premières années pas de magasin, étant installé dans un simple bureau et je vendais des cuisines sur catalogue et valise d'échantillons. J'ai ensuite pu ouvrir un magasin à Melun que j’ai agrandi à la fin des années 2000 pour atteindre 160 m2 et dans lequel je suis encore installé aujourd'hui, référençant exclusivement la marque Snaidero. 

 

Culture Cuisine : Qu’est-ce qui selon vous a marqué l'évolution du marché de la cuisine depuis vos débuts ?

Donato Cuoio : Le métier de cuisiniste est devenu beaucoup plus pointu en matière de connaissances et compétences, surtout dans le domaine de l'électroménager, pour lequel il doit répondre aux questions précises et parfois même exigeantes posées par les consommateurs qui se renseignent sur Internet. Il y a 20 ans, les appareils ménagers étaient des produits de complément indispensables et naturels aux ensembles de meubles de cuisine. Les gens désiraient avoir un four, une plaque de cuisson, une hotte, et un réfrigérateur intégré sans se poser davantage de questions. En cela, l’exercice de notre métier était bien plus simple. Certes, les consommateurs s’informent sur Internet sur les différents matériaux composant les meubles de cuisine et les plans de travail, mais ils ont encore tendance à confondre les diverses solutions. Nous devons donc leur expliquer les différences de qualité entre notre offre et celle « de façade » - au sens figuré, pour faire un jeu de mots - de la grande distribution. Car si elle a manifestement progressé dans sa présentation attirante sur catalogue, démocratisant encore davantage l’envie de cuisine équipée, elle suscite cependant des déceptions lors des visites en rayons ou durant la phase de réalisation des plans personnalisés. Ainsi s'exprime notre valeur ajoutée de véritables spécialistes et nos clients y sont toujours sensibles, car c'est ce qu'ils recherchent quand ils poussent la porte de notre magasin. Ceux qui ne sont motivés que par le prix se rendent exclusivement en grande surface et nous n'avons pas à regretter de ne pas les compter parmi nos prospects. Les cuisinistes ont à l’inverse, par nature, une clientèle exigeante qui ne résume pas l'acquisition d'une cuisine équipée, motif de statut socioéconomique, à de simples tarifs tirés vers le bas.  

  


 

Culture Cuisine : Et comment voyez-vous l'évolution du marché dans les années à venir ?

Donato Cuoio : Je pense qu'il va y avoir une scission en deux segments principaux de marché, le premier comprenant les cuisines jusqu'à 7000 ou 8 000 euros, le deuxième comprenant les modèles proposer à la vente entre 15000 et 30000 €. Le moyen de gamme aura selon moi tendance à disparaître, en raison de l'amélioration des cuisines du segment inférieur, dont les composants (matériaux des caissons, revêtements de façade et équipements fonctionnels) sont devenus quasiment identiques. En cela, le marché de la cuisine suit le même développement que celui de l'automobile, et dans les deux cas, il y aura toujours des consommateurs préférant investir dans une marque renommée (on pense bien sûr aux allemandes haut de gamme ou aux italiennes stylisées), simplement pour ce qu'elle représente dans son esprit comme dans l'imaginaire collectif.  

 

Culture Cuisine : Vous êtes adhérent du groupement de cuisinistes indépendants Agensia depuis 15 ans. Pourquoi êtes-vous resté fidèle ?

Donato Cuoio : Parce que cela me donne divers avantages, dont trois principaux dans l'exercice de mon métier au quotidien. Le premier réside dans la recherche que la centrale réalise en amont pour le référencement des marques et des modèles d'électroménager, nous permettant ainsi d'avoir une offre à la fois tendance et fiable à proposer à nos clients. Cela m’évite ainsi des problèmes de SAV dont je devrais supporter les conséquences, car les consommateurs mécontents ne font pas la distinction entre la responsabilité des fabricants d'appareils défectueux et celle de leurs revendeurs. Ce référencement multimarque effectué en amont m’évite aussi de recevoir les représentants de chaque marque me présentant leurs nouveautés, ce qui me prendrait beaucoup de temps. De même, mon appartenance au groupement Agensia me permet aussi de gagner du temps dans la gestion de mon entreprise, car je n'ai pas à réaliser des factures pour chaque fournisseur, celles-ci étant groupées pour chaque cuisine vendue. Ces différents avantages me permettent de me concentrer efficacement sur ce qui fait l'essence de mon métier : bien concevoir, vendre et poser des cuisines personnalisées. »

 

Propos recueillis par Jérôme Alberola

 



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