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Un salon cuisine pour les seniors ?

Si les exposants s’accordent pour avoir constaté une fréquentation appréciable le vendredi d’ouverture du Sadecc, salon professionnel dédié à la cuisine, certains se sont aussi étonnés d’une forte affluence devant un autre hall. De quoi envisager un nouvel essor pour la filière, alors qu’un autre visuel montre l’effet parfois pervers de l’intérêt des médias grand public.

 

En polémologie, comme dans d’autres sciences, on pourrait appeler ça un effet collatéral, et estimer, de prime abord, son impact négatif : le vendredi 5 avril dernier, ouvrait le biennal Sadecc, dont le retour était d’autant plus guetté qu’il se tenait pour la première fois à Paris, intra-muros de surcroît, répondant ainsi au vœu de nombreux exposants des éditions précédentes à Lyon-Eurexpo. Ces mêmes exposants, comme les visiteurs, s’attendaient donc logiquement à une fréquentation plus forte. Mais, paradoxalement, cette espérance légitime a été la cause d’une désillusion, aussi légère que brève, aux abords du hall 7.1 où se tenait le Sadecc. En effet, quelques acteurs, en pénétrant en tout début de matinée dans le parc des expositions de la Porte de Versailles, ont été agréablement surpris en voyant une conséquente file d’attente devant l’un des halls, identifié hâtivement comme celui devant abriter le salon de la cuisine, par un naturel effet psychologique de focus (lorsqu’on se rend dans un endroit pour une raison précise, toute manifestation visuelle ou auditive s’y déclarant est rattachée à cette raison).

 

À vrai dire, nous avons ressenti le même réflexe (en témoigne la photo ci-dessus prise au même moment), aussi vite dissipé que celui des acteurs de la filière, qui nous ont spontanément confié cette confusion en les rencontrant quelques minutes plus tard, dans le bon hall cette fois. L’enseignement de cette séquence réside dans leur réaction à la fois amusée et dans la conclusion plus sérieuse, même si hypothétique, qui a été partagée. À savoir, pourquoi ne pas envisager un salon de la cuisine spécifiquement dédié aux seniors, au regard du marché qui leur est dédié, dont le potentiel, vieillissement démographique oblige, n’est plus à démontrer, et qui se rendent nombreux, pour des raisons de temps plus souvent libre et d’intérêt pour ce qui les concerne, dans les diverses expositions, qu’elles soient d’art ou de produits de consommation ? Si des nouveaux équipements restent à inventer pour répondre au besoin de la dépendance, annoncée comme priorité nationale et/ou sociétale pour les prochaines années, pourquoi ne pas inventer les salons professionnels, mais aussi grand public, faisant leur large promotion, notamment auprès des médias ?    

 

Des raccourcis pouvant orienter l’information dans la mauvaise direction

Reste ce que les acteurs de la filière ne devront pas trop espérer de ces mêmes médias lorsqu’ils sont grand public et que leur intérêt plus ou moins sincère ou opportuniste pour la cuisine - pièce de vie à la mode durable depuis désormais plusieurs années - est dévoyé par un traitement de l’information pouvant se révéler superficiel. C’est ce qui s'est produit dans le cadre d’un court reportage diffusé sur France 2 dans l’émission Télématin le samedi 13 avril dernier, soit une semaine après le Sadecc où il a été tourné sur le thème des « cuisines anti-rayures ». Comme le souligne l’adage de Confucius, une image vaut mieux que mille mots et celle ci-dessous, extraite du reportage, résume cet effet pervers d’informations délivrées par des médias décidément généralistes et adeptes de raccourcis pouvant orienter l’information dans la mauvaise direction. Le groupe Réma You y est ainsi rebaptisé Remayou à la consonance provençale et, Valéry Cottel, son dirigeant, est renommé Valéry Cottet. On notera aussi au passage que l’emploi du participe présent « fabriquant », en place du substantif « fabricant », indique qu’il est à l’image en train de fabriquer ladite société Remayou…

 

On conclura de manière positive en se réjouissant qu’un fabricant français de cuisines soit choisi par une chaîne de télévision du service public pour parler d’innovation, et même deux, puisqu’une place y est aussi accordée à Lapeyre (Valéry Cottel y étant interviewé à partir de la 2’45’’). Vous pouvez visionner ce sujet de 5 minutes en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

Jérôme Alberola     

 



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