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Candy est vendu Haier

Connu au travers de ses marques Candy, Hoover et Rosières, le groupe italien d’électroménager ne bat plus pavillon européen, étant passé sous le giron du n°1 chinois et mondial du secteur. « Haier encore » et « Désormais » pourraient-être les refrains nostalgiques du ressac de la mondialisation. Analyse.

 

« Haier encore, il n’y avait pas de fabricant chinois propriétaire de groupe d’électroménager européen » pourrait-on fredonner avec nostalgie en parodiant l’une des plus belles chansons de Charles Aznavour, parti récemment rejoindre Brel, Brassens et Ferrat.

 

Haier, et Hi-Sense aussi, qui, en mai dernier, a racheté le groupe Gorenje, autre acteur majeur du secteur en Europe. De fait, cela fait longtemps que l’on a fini le deuil d’une industrie française du gros électroménager* (le PEM tricolore se porte en revanche très bien, à l’instar du groupe Seb, leader mondial), et avec elle des Trente Glorieuses et autre Salon des arts ménagers. « Désormais », comme le chantait aussi le Français adulé des Arméniens ou l’Arménien préféré des Français, on peut aussi se préparer au ressac de la mondialisation qui devait permettre aux entreprises européennes - se réjouissait-on à Bruxelles - et françaises - clamait-on sur les plateaux de France (Télévision) et les tribunes des meetings de nos campagnes (politiques) - de vendre leurs produits dans de nouveaux eldorados de consommation, quitte à leur faire produire ce qu’ils allaient acheter (Candy détient la marque Jinling en Chine). A vrai dire, c’est ce qui s’est passé : les Chinois ne s’en sont pas privé et, avec le sens de l’entreprise et du commerce qui fait leur réputation séculaire, doublée d’une main d’œuvre nombreuse, économique et besogneuse (celle-là même dont les firmes occidentales vantaient les louanges), ils sont devenus logiquement devenus leaders sur leurs vastes terres (qui ne pouvaient que leur être) promises, avant de partir à leur tour à la conquête du monde, les gigantesques cargos porte-conteneurs remplaçant les jonques qui cinglaient sur les mers.

 

Jadis conquérantes, aujourd’hui conquises

Les vertus de mondialisation auraient-elle changé de longitudes ? Que nenni diront ses thuriféraires qui ne désarmeront pas, étayant leur enthousiasme, revigoré à la fontaine de jouvence des certitudes, par les raisons de se réjouir de capitaux nouveaux, faisant cette fois le trajet inverse pour venir assurer la pérennité prospère des entreprises européennes, jadis conquérantes, aujourd’hui conquises, comme on l’est d’ailleurs sous le charme de son séducteur. « Les capacités d'innovation de Candy, technologie, style et design italien, s'intègreront parfaitement au modèle d'exploitation de Haier » ont ainsi souligné les patrons du groupe familial Candy, Beppe et Aldo Fumagalli, dans un communiqué. De fait, avec un chiffre d'affaires de 37 milliards de dollars, le géant chinois dispose de moyens autrement plus importants que la firme italienne et ses 1,148 milliard d’euros (chiffres du magazine LSA).

 

Signe de l’importance stratégique et symbolique de ce rachat, sa nouvelle a fait l’objet de nombreux articles dans la presse économique et spécialisée. Pour Les Echos, « Haier fait un pas décisif en Europe (…) Les détails de l'opération ne sont pas connus, pas plus que le montant du rachat. Les deux sociétés indiquent seulement qu'un accord a été conclu avec la famille fondatrice, les Fumagalli "pour regrouper les activités de Haier et Candy S.p.A". Seul chiffre dévoilé : Haier s'est engagé à investir 475 millions d'euros pour "accélérer encore sa croissance sur le marché européen"Autre indication, le siège européen du groupe chinois, jusque-là à Paris, sera transféré à Brugherio, le berceau de Candy. »

 

Notre confrère LSA rappelle quant à lui que « lors du dernier salon de l'électronique grand public IFA qui s'est tenu à Berlin il y a tout juste un mois, Haier ne faisait pas mystère de ses ambitions sur le marché européen. Un stand deux fois plus grand qu'à l'accoutumée, et surtout, l'annonce de sa cotation prochaine au Ceinex, marché de Francfort. Son objectif alors était de lever 800 millions d'euros et d'investir 1 milliard d'euros dans les quatre prochaines années. Visiblement, il fallait aller plus vite. (…) Car, en Europe, Haier part de loin. Connu pour ses produits bruns (téléviseurs, etc.), il peine à émerger dans le blanc (électroménager) face à BSH, Samsung ou Whirlpool. Datamonitor évalue sa part de marché à moins de 3% en Europe (2,3% exactement) quand elle atteint 14,2% dans le monde. Une exception pour un groupe qui réalise 42% de son chiffre d'affaires hors de Chine. En reprenant l'italien Candy, qui réalise 1,2 milliard de chiffre d'affaires en 2017, il s'achète surtout une présence sur le marché européen et une expertise dans la connectivité, enjeu de la bataille autour de la maison intelligente. Candy-Hoover possède en effet six sites de production en Europe et en Turquie et 47 filiales et bureaux commerciaux sur le Vieux-Continent. »

 

* Le groupe Admea offrant une certaine renaissance tricolore aux marques Schneider, Scholtès. Radiola ou Thomson.

 

J.A



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