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La cuisine au cinéma : clap 3 !         

Où l’on voit comment le réalisateur américain Steven Spielberg imagine la cuisine moderne des villes et celle gourmande et utilitaire des campagnes dans la France de la première moitié des années 1970. Sociologiquement Instructif.

 

Dans son film Munich sorti en salle en  2005, le célèbre réalisateur américain situe de nombreuses scènes dans le Paris du début des années 1970. La devanture d’un magasin de cuisine, probablement implanté dans les beaux quartiers de la capitale sert de cadre à deux ou trois séquences fortes, durant lesquelles le principal protagoniste, Avner, est introspectif concernant le bien-fondé de sa mission d’agent secret, ou dialogue sur les risques qu’elle engendre avec son indic français. En réalité, ces scènes font peut-être partie de celles tournées sur le boulevard Andrassy qui part de l'opéra de Budapest, choisie car elle offrait la meilleure réplique possible de Paris, selon le chef décorateur Rick Carter.

 

Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Et qu’importe le lieu réel, car c’est la cuisine dans l’imaginaire du réalisateur et de son assistant qui mérite intérêt ici. Nommé La Cuisine Moderne, le magasin présente ainsi un ensemble bien dans l’air du temps décoratif de la première moitié des années 1970, sans que l’on puisse savoir s’il s’agit d’un modèle français ou étranger. On penchera toutefois pour la 2ème option, partant du principe que les marques françaises de l’époque se concentraient sur le style rustique, contrairement à leurs rivales allemandes ou italiennes qui, bien mieux côtés chez les rares consommateurs pouvant alors s’offrir une cuisine équipée. On notera la présence d’un îlot central (déjà), de l’intégration de  matières diverses telles que le verre et le métal (déjà) et de la présence d’une table et de chaises, dont on peut regretter l’absence trop fréquente dans les magasins d’aujourd’hui.

 

 

La cuisine des villes dans la France de la première moitié des années 1970, telle que la conçoit Steven Spielberg, est donc réaliste, le réalisateur ne cédant pas au travers dans lequel sont tombés trop de ses confrères compatriotes dépeignant une France de la fin du 20ème siècle encore parcourue par des 4L Renault et autres 2 chevaux Citroën sous la surveillance de policiers, cape sur les épaules, casquette ronde sur la tête et sifflet dans la bouche.

 

Doit-on aussi ranger parmi les clichés la cuisine des champs qui est également représentée dans le même film ? Comme on peut le voir sur le visuel ci-dessous, celle-ci est à la fois utilitaire, en étant dotée d’un long plan de travail, d’une cuisinière à l’ancienne et de nombreux ustensiles en crédence, et gourmande en montrant des aliments savoureux que Michael Londasle, chef influent d’une puissante organisation secrète et hôte cordon bleu des lieux, prépare en tablier avec un soin confinant au cérémonial.

 

Jérôme Alberola

 

 



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