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L’industrie allemande encore en tête…

Des exportations mondiales de cuisines, selon une vaste étude du CSIL. Voilà qui ne surprendra aucun professionnel du secteur. Si la France obtient tout de même une 2ème place, c’est dans le domaine moins réjouissant des importations. Avec un rapport de cause à effet analysé ici.  

 

« Kitchen Meubles: Perspectives du marché mondial ». Ainsi est titrée la 22ème édition du  rapport du CSIL (cf. source en fin d’article), qui dresse un panorama instructif de l’industrie du meuble de cuisine en 2016 dans le monde entier au travers  de 60 pays, sélectionnés en fonction de leur contribution au commerce international du secteur.

 

On y apprend que l’an passé, environ 25 millions de cuisines ont été fabriquées dans le monde, soit 3,6 % de plus que l’année précédente, avec un prix unitaire stable. Sur ce total, 1,9 million d’unités ont été échangées sur la planète, ce qui correspond à une valeur globale de 5,6 milliards de dollars américains, soit environ 4,8 milliards d’euros. Selon les prévisions du CSIL, cette valeur devrait atteindre 6,7 milliards de dollars (5,7 Mrds €) d’ici 2021. Une perspective qui a de quoi réjouir les professionnels de la filière dans le monde entier, même si cette tendance cache des disparités entre les divers pays.        

 

Des écarts apparaissent tout aussi logiquement concernant l’évolution de la valeur de la production mondiale de meubles de cuisine au cours des cinq dernières années, même si elle a globalement augmenté lentement mais régulièrement, avec un taux annuel moyen de 0,6% en dollars.

 

En 2016, les Etats-Unis étaient le plus grand marché mondial, ce qui semble logique au regard de leur rang de leader économique et de leur population (320 millions d’habitants). Ce sont aussi les plus gros importateurs, pour une valeur de près de 1,6 milliard de dollars US, (1, 37Mrds €) ce qui est en revanche étonnant, lorsqu’on sait le protectionnisme en vigueur outre-Atlantique, par les mesures fédérales et les réflexes consuméristes.     

 

Moins surprenant est  la deuxième place de la France, pour deux raisons. La première tient au dynamisme intrinsèque du marché intérieur, motivé par un taux d’équipement des foyers à pourvoir parmi les plus forts, donc attractifs, d’Europe occidentale. La seconde réside dans la performance des fabricants allemands sur notre territoire, soit par le biais de l’omniprésence de Nobilia dans les enseignes de la grande distribution, soit par celle plus diversifiée mais très forte occupée chez les cuisinistes indépendants – constituant entre deux tiers et trois quarts des magasins – par les autres poids lourds de l’industrie germanique (Schüller/ next125, Häcker, Nolte Küchen, Alno encore en 2016) et par les firmes de taille intermédiaire (Leicht, Siematic, Allmilmö, etc.), auxquels s’ajoutent les deux marques haut de gamme Poggenpohl et Bulthaup ; même leurs volumes restent marginaux). De fait,  l’industrie française à bien du mal à résister à cette conquête, fragilisée qu’elle est par des défaillances de firmes au cours des dix dernières années, et pénalisée par une moindre bien puissance de production dans sa globalité - et plus encore, si l’on ne compte pas les deux groupes leaders. De plus, elle ne jouit pas d’une réputation aussi laudatrice que sa concurrente allemande (le fameux « deustche qualität »). Il n’en demeure pas moins que cette deuxième place de la France, 5ème ou 6ème puissance économique mondiale, pose question, ceci d’autant plus qu’elle devance, en importations de cuisines, la Suisse, qui ne dispose pas, quant à elle, d’une forte industrie de production de cette famille de produit à l’échelle européenne.           

 

Au regard du paragraphe précédent, pourra-t-on voir un logique rapport de cause à effet avec le fait que l’Allemagne est de loin le premier pays exportateur de cuisines de la planète, avec 2,1 milliards de dollars US (environ 1,8 Mrds €) en 2016 !  Le podium est ici logique puisque suivent la Chine et l’Italie. Le même tiercé gagnant se révèle dans les balances commerciales (l’Allemagne atteignant une valeur positive de près de 2 milliards de dollars (environ 1,7 Mrds €), ce qui traduit la difficulté pour les firmes étrangères d’investir son marché domestique). Au bas du classement, on trouve les États-Unis (avec un déficit net de 1,3 milliard de dollars), la France et la Suisse.

 

Le CSIL conclut en précisant que « le secteur des meubles de cuisine n’est pas aussi ouvert au commerce international que les autres secteurs de l’ameublement. Ce secteur est moins soumis à la pénétration des importations (environ 10%), probablement en raison des travaux d’installation et des différences de normes existant entre les pays. »

 

Jérôme Alberola

 

Source : Créé à Milan (Italie) en 1980, le Centre for Industrial Studies (CSIL) est une société indépendante de recherche et de conseil spécialisée dans la recherche économique appliquée, l'évaluation de projets d'investissement public, l'instruction de projets d'infrastructure, le soutien aux programmes et politiques de développement, l'analyse de marché et l'économie des PME.



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