Culture Cuisine
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La cuisine en haute gastronomie comme à la maison…

A Grenoble, Angle Droit fait figure de lieu « atypique et osé » de l’aveu de ses deux co-gérants. Dans ce show-room conçu comme une maison habitée, la cuisine a pris sa place naturellement en visant les budgets élevés. Voire plus haut encore… 


Culture Cuisine : Pouvez-vous nous présenter votre concept et son histoire ?

Michel Jacquier, co-gérant : « Notre show-room est aussi notre maison. Nous avons lancé ce concept en 1996, dans notre appartement de l’époque. En 2001, nous avons acheté une maison, beaucoup plus grande, dans laquelle nous avons poursuivi ce concept. Nous accueillons les clients chez nous trois jours par semaine, les jeudis, vendredis et samedis. Les trois premiers jours de la semaine sont consacrés aux projets en cours, sur rendez-vous. La force de notre concept est que les gens se baladent partout dans la maison. Il n’y a pas, en soi, de parties privatives. Plus jeune, je fréquentais les magasins de design, mais je n’en ai pas spécialement gardé un bon souvenir. J’y trouvais généralement l’ambiance froide et je n’aimais pas l’approche commerciale qui s’en dégageait. Or, pendant des années, mes proches me répétaient que, chez moi, c’était comme un vrai magasin. L’idée a germé ainsi. De plus, le concept était novateur, à l’époque. Seuls les antiquaires le pratiquaient en partie, en ouvrant une pièce de leur maison.

 

Culture Cuisine : Vous proposez de la cuisine haut de gamme : pourquoi ce choix alors même que l’offre des cuisinistes est déjà très dense et votre offre très riche ?

Michel Jacquier : C’est un choix qui n’était pas prévu au départ, mais que nous avons fait il y a une quinzaine d’années suite à un constat. Nous nous sommes rendu compte que des projets nous échappaient car des confrères qui avaient un magasin de design et de mobilier haut de gamme et qui proposaient également des cuisines les remportaient à notre place. Nous nous sommes donc adaptés à la demande, afin de pouvoir proposer nous aussi à nos clients de la cuisine et ainsi équiper leur logement dans son intégralité. Nous travaillons avec une équipe de poseurs indépendants et avec notre architecte DPLG qui s’occupe du suivi des chantiers. Il faut laisser ce genre de projets dans des mains expertes. Enfin, proposer de la cuisine très haut de gamme reste une belle opportunité : en termes de budget, sur ce genre de produit, on atteint vite les 50 000 euros. Donc, même en vendant seulement 5 ou 6 cuisines dans l’année, on bénéficie d’un apport financier qui n’est pas négligeable. 

 

Culture Cuisine : Quel regard portez-vous sur le marché actuel et l’évolution du mobilier et de la décoration haut de gamme tant dans l’offre produits que dans la distribution ?

Michel Jacquier : L’écart de pouvoir d’achat s’est beaucoup creusé au sein de la population. La classe moyenne aujourd’hui est très essoufflée. D’une certaine façon, la décoration relève du superflu. Elle passe donc après le loyer ou les traites, les factures et les vacances ; ces dernières restant, heureusement, un budget important pour les gens. Clairement, le marché haut de gamme s’est déplacé vers les gens très à l’aise financièrement. Ce qui nous fait vivre aujourd’hui, ce sont les projets globaux. Nous meublons les maisons et appartements en entier. C’est pourquoi, en parallèle, beaucoup de gens se tournent vers des enseignes comme Ikea, car les prix y sont beaucoup moins élevés. Personnellement, je remercie Ikea tous les jours ! Sa principale clientèle, les jeunes ménages, viendront dans des show-rooms comme le nôtre, un jour ou l’autre. En tout cas, nous l’espérons ! D’une certaine façon, des enseignes comme Ikea les éduquent au design. Une fois qu’on y a goûté, il est difficile de revenir à l’ancien ! De plus, c’est aussi une alternative économique pour certaines personnes. Bien sûr, l’aspect qualitatif n’est pas comparable, mais au prix où l’on achète, ce n’est pas surprenant. A contrario, quand on achète un canapé à 5 000 euros, on sait que c’est un investissement sur le très long terme. Je ne suis donc pas inquiet : acheter chez eux ou chez nous, c’est une démarche très différente et les gens l’ont bien compris. »


Propos recueillis par Vanessa Barbier



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