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Comment le croire ? Nobilia, un fabricant allemand, occuperait la troisième place sur le marché français « industriel » des meubles de cuisine. En 2009, ce géant a vendu pour près de 80 millions d’euros dans notre pays, son premier débouché à l’export, selon la conférence de presse sur l’activité 2009, rapportée par le magazine Möbel Kultur. Et, en effet, seuls deux groupes français, la Salm et le groupe Fournier, restent nettement devant Nobilia. C’est moins sûr pour MVM, et beaucoup moins encore pour Manuest qui vient de céder la fabrication de ses meubles montés à Nevelt. Qualifier Nobilia de géant n’est pas un artifice rhétorique. En 2008, il réalisait un chiffre d’affaires de 706,5 millions avec 1 926 salariés, fabriquait 445 000 cuisines par an (soit 2 035 par jour ouvré) et exportait 35 % de sa production. Il se situe en Europe à la deuxième place derrière le groupe suédois Nobia. Mais avec une différence de taille, ce dernier est un conglomérat d’usines réparties en Europe tandis que Nobilia concentre son activité sur deux usines, à Verl en Westphalie orientale. Même la crise n’a pas eu prise sur lui. Son chiffre d’affaires et ses exportations ont progressé de 8,6 % et de 13,9 % en 2009 alors que l’activité de l’industrie allemande baissait de près de 10 % (selon le VdDK – le groupement de la cuisine allemande) et les exportations reculaient d’environ 8 %. De son côté, la consommation de cuisines en Allemagne reculé d’environ 11 %.

Partout en Europe, Nobilia commercialise discrètement ses cuisines sans afficher sa marque, laissant cette prérogative au distributeur. La France n’échappe pas à la règle. Le fabricant y travaille en « no name / mdd » (mdd = marque de distributeur) notamment par le truchement d’Atlas, Aviva, But, Darty et Ixina. Cette dernière enseigne franchisée est l’un des principaux clients de la marque allemande en France et en Belgique. Elle s’appuie sur une soixantaine de magasins dans l’Hexagone et une quarantaine en Belgique, son pays d’origine, auxquels s’ajoutent quelques magasins au Portugal, au Maghreb et en Asie du sud-est. Ixina paraît d’ailleurs très précieuse aux yeux du groupe allemand. Nobilia est en effet depuis juillet 2009 partie prenante à hauteur d’au moins 30 % de FDB International, la société de franchise qui possède la marque Ixina ainsi que Cuisines Plus et Cuisines Références. FDB est issu de la restructuration du Groupe Arthur Bonnet (GAB), jusqu’alors uniquement détenu par Snaidero. Et, selon la décision du 20 juillet 2009 prise par l’Autorité de la Concurrence, « il ressort des projets de statuts de FBD et de pacte d’actionnaires conclu entre Snaidero et Nobilia, que Nobilia détiendra des prérogatives allant au-delà de celles habituellement conférées à un actionnaire minoritaire. L’ensemble de ces dispositions est de nature à lui conférer une influence déterminante sur l’activité de FBD. »

Le contrôle de la distribution semble devenir une stratégie de développement pour le fabricant allemand qui vise certainement à s’assurer des débouchés sûrs : car même un bon client peut changer de fournisseur. D’ailleurs, Nobilia est également actif dans le capital du groupe namurois Menatam SA qui développe l’enseigne Eggo (la Belgique est le second client de Nobilia après la France). Il est aussi présent chez Noblessa Sverige (Suède) et Kutchenhauss (Royaume-Uni). Reste à savoir comment les autres distributeurs français « non intégrés » finiront par réagir ? Surtout dans un contexte où l’information, plus transparente grâce à Internet, apprend au consommateur que Nobilia se trouve chez de nombreuses enseignes, avec des modèles comparables. Trop omniprésent, Nobilia ? C’est peut-être le point faible du géant allemand qui n’est pas encore omnipotent…


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